Qu’est-ce que l’informatique accessible aujourd’hui ?

L’informatique et les nouvelles technologies se sont tellement complexifiées qu’on préfère parler de numérique aujourd’hui. Ce terme permet de mieux couvrir la diversité des réalités qu’on trouve vis-à-vis des nouvelles technologies.

Malheureusement, la standardisation de certaines problématiques de design et de certaines conceptions des NTIC tend à rendre de plus en plus rude le combat pour que l’informatique soit à la portée de tous. Pourtant, la convention de l’ONU fait de l’accessibilité un droit crucial. Elle la définit comme le fait de pouvoir interagir avec son environnement en toute autonomie, quelles que soient les conditions d’accès à l’environnement.

Pire, l’existant annonce beaucoup mais concrétise peu. Cette situation plonge l’utilisateur dans une certaine confusion. Il nous a donc paru opportun de faire un point sur le sujet.

Si le Web et l’accès distant restent les grands défis de demain pour l’accessibilité numérique, le matériel d’accès au réseau ne devrait pas être négligé dans la réflexion.

Le Web et le distant, une réalité du futur

Non contents de devenir des modalités incontournables d’usage des technologie, le Web et l’accès distant tendent à bouleverser ces usages.

Une modalité incontournable

Il suffit pour s’en convaincre de connaître les innombrables opérations possibles par Internet : échanger, partager du contenu, accomplir ses obligations légales, obtenir des documents administratifs personnels ou généraux, gérer ses comptes bancaires, consommer et se divertir. Certains services ne sont désormais disponibles que sur Internet (certains services de réservation de places de parking, etc).

Plus fort encore, certains gouvernements ont décidé de supprimer la voie papier pour accomplir des démarches clés comme la déclaration fiscale annuelle. Ce processus pourrait s’achever avant 2020.

Du coup, d’innombrables documents sont aujourd’hui d’abord et avant tout dématérialisés, ce qui rend l’informatique nécessaire et sa perte particulièrement problématique.

Des usages qui sont influencés

Pour éviter les pertes de données critiques, il était longtemps recommandé d’effectuer des sauvegardes hors de l’ordinateur sur des supports externes. Mais la massification des données complique ces recommandations qui, du reste, étaient rarement suivies. La solution qui émerge est donc l’enregistrement des données « dans le nuage ». L’appareil de la personne n’a alors qu’un rôle minime de lancement d’outils installés quelque part sur le réseau, et d’ouverture de documents eux aussi enregistrés sur le réseau.

Cette pratique du travail à distance implique la disponibilité des outils, des applications, directement sur le Web. C’est la raison pour laquelle il est devenu si critique de promouvoir l’accessibilité numérique via celle du Web.

Car si d’un côté il devient, avec le cloud, incontournable, il serait absurde qu’il exclut des gens par son inaccessibilité. Ce serait d’ailleurs une première : dans les années 90, l’informatique était très vite accessible et promettait une meilleure intégration de tous, en permettant l’accès à l’information instantanément par tous, quel que soit son mode de lecture (par le son, le toucher ou le visuel). Vingt ans plus tard, le numérique pourrait devenir, du fait de l’inaccessibilité des technologies distantes, un nouveau facteur d’exclusion de ceux ne pouvant accéder à l’information visuellement ou interagir avec elle par les outils standards.

Car si l’accessibilité du Web et du cloud est indispensable, elle ne serait rien sans outil.

Le matériel, seul outil d’accès au numérique

Avant de pouvoir accéder au numérique, encore faut-il un appareil. Or, les types d’appareils sont très nombreux, ce qui augmente l’impératif d’accessibilité du Web, mais ne doit pas faire oublier qu’elle est inopérante si l’appareil n’est pas accessible.

Pour concilier cette diversité et l’accessibilité, le logiciel libre semble le plus indiqué.

Des objets de plus en plus puissants

Pour accéder au contenu, on utilise aujourd’hui la tablette, le téléphone, le PC portable, la station de travail, le Mac portable ou fixe. D’autres ordinateurs optent pour une logique minimaliste, comme les Chromebooks.

Alors que les Pcs s’opposaient au Mac mais gardaient une grande unité entre eux, ce qui a permis le déploiement des outils Microsoft sur 90 % du marché grand public, il en va autrement des tablettes et des téléphones. Il en existe des dizaines.

Cette pluralité segmente beaucoup la population des utilisateurs et, partant, amène les fabricants à privilégier le service en ligne pour se rémunérer. Autant dire que l’effet ciseaux est complet : de moins en moins d’efforts sur l’ergonomie du matériel, de plus en plus de matériel inégalement accessibles, d’innombrables services en ligne inégalement accessibles, le caractère indispensable du numérique pour une vie sociale ordinaire dans un futur proche.

Et pourtant, avoir une machine accessible n’exige plus aujourd’hui des ressources conséquentes. La configuration minimale requise d’un poste adapté à tous handicaps est :
- 1Go de mémoire vive ;
- 6Go d’espace disque
- Tous types de processeur 1Ghz
- Carte graphique Nvidia ou datant de moins de 5 ans pour des effets visuels et permettre la gestion multiécrans
- Carte son ou prise casque et micro sur l’ordinateur
- Plusieurs ports USB

Leur accessibilité serait renforcée en utilisant du logiciel libre

Côté logiciels, la configuration minimale requise du matériel fonctionne au mieux si le système est entièrement libre, c’est-à-dire basé sur Debian GNU/Linux ou Trisquel GNU/Linux. Il est recommandé d’avoir la version la plus à jour possible, dans la branche stable, de tels systèmes. Par exemple, préférez Debian GNU/Linux version 8.2.0.

Sur GNU/Linux, se trouvent les versions récentes et accessibles de Firefox (version 38 et supérieur), LibreOffice (version 4.2), Thunderbird (38 ou supérieur), Skype (3.0) et VLC.

Le lecteur d’écran est Orca.

Si vous préférez l’environnement Windows, cette page (CECIAA) vous donnera les exigences minimales requises et les compatibilités entre logiciels.

Les logiciels libres étant réunis dans un tout cohérent comme Debian GNU/Linux, ils ne posent pas ces difficultés. Ils sont en effet compatibles entre eux sans limite d’architecture, restriction de licence et problèmes de versions.

Le principal avantage d’utiliser un système libre sur son matériel est la rareté du renouvellement exigé, la facilité des mises à jour, mais également le fait que les interfaces sont adaptables à tous besoins. Parce que le logiciel libre n’a pas besoin d’une certitude quant au grand nombre de ses utilisateurs, il peut inclure des fonctions adaptées à tout un tas de minorités, et donc à autant de handicaps et de perceptions de son handicap et de ses besoins.

Conclusion

L’accessibilité aujourd’hui pose un défi majeur tant par ses enjeux que la complexité qui doit être traitée. Le logiciel libre est le plus à même d’y répondre via son mode de développement et la faible configuration minimale requise. Il peut ainsi facilement s’implanter sur de nombreux types d’appareils (PC, Mac, téléphones, tablettes). Encore faut-il que les utilisateurs et les développeurs puissent oeuvrer dans la même communauté d’intérêts qui est d’humaniser l’informatique.