Surconsommation et obsolescence programmée

Opter pour le développement durable en informatique c'est opter pour le logiciel libre (1/3) Opter pour le développement durable en informatique c'est opter pour le logiciel libre (2/3) : L’éco-conception : comment rendre l’utilisation et les usages écologiques ? Opter pour le développement durable en informatique c'est opter pour le logiciel libre (3/3) : L’éco-conception : Des standards libres pour prolonger la durée de vie du matériel

Opter pour le développement durable en informatique c’est opter pour le logiciel libre (1/3)

Dans l’informatique comme dans beaucoup de domaines, on distingue trois moments clés au cours de la vie d’un matériel : la fabrication, l’utilisation et la fin de vie. Pour chacun de ces axes, le logiciel libre se distingue de par ses performances écologiques. Sur le premier axe qu’est la fabrication, le logiciel libre représente une rupture radicale face aux logiques de surconsommation et d’obsolescence programmée. La prise de conscience écologique conduit aujourd’hui le grand public à s’offusquer à la vue d’un 4*4 incroyablement bruyant et polluant traversant les rues d’un centre ville. Cependant, quand on achète un ordinateur de dernière génération pour effectuer simplement du traitement de texte et des recherches internet, c’est la même logique de surconsommation qui est à l’œuvre et peu de personnes dénoncent ce phénomène. Face à cette logique le logiciel libre offre la liberté à chaque utilisateur d’adapter son système d’exploitation et sa consommation à ses besoins et à son matériel.
 
Le second écueil écologique de l’informatique que les logiciels libres permettent d’éviter est celui de l’obsolescence programmée. L’obsolescence programmée ne se limite pas au cliché du fabriquant détraquant sa machine à laver ou même son ordinateur afin qu’il tombe en panne le lendemain de l’expiration de la garantie (même s’il faut noter qu’un des avantages des logiciels libres est de permettre un audit complet qui permettrait rapidement de déterminer si de telles pratiques sont avérées ou non). L’obsolescence programmée en informatique est un phénomène bien réel auquel sont confrontés quotidiennement de nombreux utilisateurs. Cette obsolescence programmée prend la forme de mise à jour régulière des systèmes d’exploitation. Ces mises à jour, qui de plus en plus souvent sont imposées à l’utilisateur sans même lui laisser le choix, invoquent une amélioration du confort d’utilisation pour mettre en place des interfaces graphiques très consommatrices et rendant obsolète le matériel ancien pourtant toujours opérationnel. On remarque que dans le contexte de la déficience visuelle, ces mises à jour en plus d’être inutiles (car souvent essentiellement graphiques) créent de véritables fractures numériques car elles laissent souvent de coté les questions d’accessibilité et rendent inutilisables l’ordinateur aux personnes nécessitant une aide logicielle adaptée pour le faire fonctionner.

Pour choisir des solutions durables en informatique, il faut pouvoir maitriser le matériel et les logiciels qu’on utilise, aujourd’hui, seul le logiciel libre le permet vraiment.

Opter pour le développement durable en informatique c’est opter pour le logiciel libre (2/3) : L’éco-conception : comment rendre l’utilisation et les usages écologiques ?

Deuxième moment clé de la vie d’un composant informatique : le temps de l’utilisation et de des usages. On distingue ici l’utilisation des usages. La problématique écologique de l’utilisation porte sur l’optimisation de la consommation d’énergie. L’éco-conception du code source est ici l’enjeu principal. Le noyau du logiciel libre : GNU/Linux est par nature un noyau performant. Réputé meilleur que celui de Windows, il n’a rien non plus à envier au système Darwin d’Apple. Cependant c’est au niveau des développements postérieurs que le système d’exploitation libre se distingue de ses deux concurrents au niveau de l’éco-conception. La logique commerciale de Mac et de Windows a conduit les développeurs à se focaliser sur les usages à court terme au détriment de la cohérence d’ensemble du code. Le logiciel libre, longtemps considéré comme un système d’exploitation pour spécialistes et peu usuel, tire aujourd’hui les avantages de ses développements poussés et témoigne des meilleures performances et donc d’une optimisation de la consommation énergétique. La comparaison entre les différents logiciels de synthèse vocale montre combien les questions de logiciel libre et de développement durable sont liées.
 
 Mais il ne s’agit pas ici de se reposer sur ses lauriers, l’éco-conception est un enjeu de chaque instant et il faut tirer le meilleur des innovations les plus récentes afin de rendre l’impact environnemental de l’utilisation du numérique le plus faible possible.
 
Le second enjeu écologique au cours de la durée de vie du matériel est celui des usages. On peut défendre que l’un des défis majeurs de l’écologie pour l’homme en termes philosophiques repose dans sa capacité à anticiper le futur et à le prendre en compte. A plus petite échelle, une des dimensions de l’éco-conception est d’anticiper les usages et d’en prendre compte dans le développement initial de la solution. Un exemple s’impose. Par défaut qu’en on achète un ordinateur sous le système d’exploitation Apple ou Windows, le système d’exploitation est enregistré sur la même « partition » que les données à savoir nos photos, nos contacts, nos musiques, nos fichiers. Si le système d’exploitation dysfonctionne, les données deviennent pratiquement irrécupérables et si elles le sont, elles forcent l’utilisateur à payer au prix forts les services d’un réparateur qui lui récupérera ses données. La seule solution laissée aux utilisateurs est l’investissement dans un disque dur externe ou l’abonnement à des services de cloud afin de protéger leurs données. Cet achat est une aberration écologique car dans la majorité des cas la mémoire de l’ordinateur n’est pas entièrement utilisée et on consomme d’autres outils potentiellement très coûteux en ressources énergétiques. Dans ce domaine et dans beaucoup d’autres, les systèmes d’exploitation libres font office de modèle. Par défaut l’installation de Debian (distribution Linux utilisée par Hypra) se fait de manière partitionnée. C’est à dire que les données de l’utilisateur sont enregistrées sur une partie du disque dur interne séparée du système d’exploitation lui même. Si le système d’exploitation dysfonctionne, les données restent intactes. L’investissement dans un disque dur externe est donc caduc. C’est dans cette logique d’éco-conception tournée vers les usages qu’il convient d’orienter le projet dès son origine.

Opter pour le développement durable en informatique c’est opter pour le logiciel libre (3/3) : L’éco-conception : Des standards libres pour prolonger la durée de vie du matériel
 
C’est certainement dans une optique davantage commerciale que littéraire que les éditeurs de logiciels propriétaires ont fait leur le ver de Lamartine « un seul être vous manque est tout est dépeuplé ». Il suffit en effet qu’un seul élément d’un ordinateur classique dysfonctionne pour que l’ensemble soit à jeter. La raison est claire, les fabricants sous prétexte d’une optimisation ergonomique développent pour chaque modèle des composants spécifiques non remplaçables dont la production s’arrête une fois que le modèle a été remplacé. Dans cette logique Hypra a choisi de favoriser pour l’implémentation de ses logiciels du matériel lui même libre. L’objectif du matériel dit libre est de fournir des éléments standards qui permettent une meilleur adaptation en fonction des besoins, un remplacement facilité et ainsi la prolongation de la durée de vie des ordinateurs. C’est un point critique qui oppose logique commerciale privative pour l’utilisateur (stratégies dites de « lock-in ») et bon sens écologique. Cette standardisation vaut pour les composants de l’ordinateur mais également pour tous les éléments qui l’entourent. Le changement constant et non justifié des chargeurs des ordinateurs vendus par la marque Apple en est le parfait exemple. L’Europe a depuis longtemps compris l’enjeu écologique qui réside dans la promotion de standards avec la défense du standard USB. Norme pour laquelle Apple a préféré payer l’amende plutôt que de la respecter. Hypra veut prolonger cette démarche européenne en faveur du soutien des standards ouverts.
A chaque période clé de la vie d’un composant informatique, la problématique est finalement la même : pour pouvoir choisir le développement durable il faut une solution qui vous permette de réaliser vos propres choix, c’est le logiciel libre.