Deux enquêtes menées dans le Gard et le Val-de-Marne auprès d’élus territoriaux mettent en lumière une réalité contrastée : si l’inclusion numérique est désormais identifiée comme un enjeu majeur, son portage politique, sa gouvernance et ses moyens restent fragiles. Derrière les graphiques, une question centrale émerge : l’inclusion numérique est-elle réellement devenue une politique publique structurée ou demeure-t-elle une réponse fragmentée à une urgence sociale croissante ?
Un numérique devenu incontournable… mais encore perçu comme technique
Dans le Département du Gard, mais également dans le Val-de-Marne, une majorité d’élus considère le numérique comme « incontournable ». Très peu déclarent qu’il les passionne mais très peu disent « ne pas s’y intéresser ». Il structure l’ensemble des démarches administratives, des procédures internes et des relations avec les services publics. Cependant, cette reconnaissance ne s’accompagne pas toujours d’une vision stratégique. Le numérique apparaît d’abord comme une contrainte organisationnelle plus que comme un levier de transformation démocratique. Il est géré, rarement projeté.
Le numérique est largement perçu comme un sujet technique par les élus du Gard plutôt que politique, tandis que dans le Val-de-Marne, les élus sont partagés entre approche technique et approche politique.
Cette divergence n’est pas anecdotique. Elle révèle le stade de maturité de la politique publique. Tant que le numérique est majoritairement perçu comme une question d’outillage ou d’infrastructure, il demeure cantonné à un registre gestionnaire. Lorsqu’il est pensé comme un levier d’égalité, d’émancipation ou de participation, il change de statut : il devient politique.
Les enquêtes montrent ainsi une transition en cours. Le numérique n’est plus seulement une affaire d’ingénierie, mais il n’est pas encore pleinement assumé comme un projet démocratique structurant.