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Illectronisme – Retour sur l’audition d’HYPRA au Sénat

HYPRA était auditionné le 15 juin dernier par la mission d’information du Sénat relative à l’illectronisme aux côtés d’autres grandes associations comme La Croix Rouge, ATD-Quart Monde ou encore Bibliothèque sans Frontière.

Nous avons tout d’abord remercié le Président Jean-Marie Mizzon et Raymond Vall – le rapporteur – de leur invitation. Hypra est en effet à la manœuvre depuis 2 ans auprès des parlementaires Béatrice Piron et Dominique David. Le but était de convoquer une pareille mission sur l’illectronisme à l’Assemblée Nationale. Mission accomplie !

Notre constat sur l’illectronisme

Nous avons présenté HYPRA et son Conseil Médical et Scientifique qui compte parmi les meilleurs experts universitaires français de l’e-inclusion. Nous avons souligné notre constat philosophique et politique de l’inclusion numérique. Pourquoi les Français sont si nombreux à être en situation de handicap numérique ? Ce n’est pas parce qu’ils sont réfractaires, mais parce qu’ils sont incompris. Incompris de ceux en charge de leur accompagnement vers l’autonomie numérique. Nous avons donc appelé à une professionnalisation du métier de médiateur numérique. Cela passe par un meilleur pilotage et financement de l’offre.

Nous avons aussi appuyé sur la nécessité de promouvoir des modèles de médiation numérique itinérants. Il faut que la médiation aille au devant des français ! Il est constaté que les modèles de « lieux de médiation numérique » (E.P.N, médiathèques etc…) sont très peu sollicités par les exclus du numérique1. Nos demandes rejoignent celles formulées par des médiateurs numériques expérimentés qui ont plus de 20 ans de pratique et auditionnés également par la mission.

Nos solutions

Nous avons mis en lumière la notion de « parcours d’inclusion numérique intégré » qui caractérise l’action d’Hypra. Première étape : que les débutants se renseignent sur l’accompagnement et l’équipement disponible au téléphone ou lors de réunion d’information. Ils rejoignent ensuite des ateliers présentiels collectifs dans leur mairie ou leur foyer d’hébergement. A l’issue de ces ateliers, ils peuvent se faire prêter du matériel et compléter leur accompagnement de façon distancielle en personnalisé ou en collectif. Le tout est assuré par des professionnels de l’inclusion numérique ! Ils maîtrisent toutes les dimensions du processus d’acculturation et d’autonomisation de la personne.

Nous avons de plus souligné le besoin d’accompagnement des collectivités territoriales à la mise en place de ce nouveau service public. Il est également nécessaire d’accompagner les opérateurs de terrain vers la professionnalisation. Une meilleure évaluation qualitative du service rendu devrait accompagner cette montée en compétence de la filière de la médiation numérique.

Notre vision

Nous nous sommes enfin réjouis que les métropoles et intercommunalités s’emparent du sujet de l’illectronisme. Ce thème nécessite vraiment un échelon stratégique d’intervention. Il est important à notre avis d’harmoniser les pratiques de financement de la médiation numérique sur le territoire. En effet, cela permet une meilleur qualité du service rendu.. Nous avons enfin insisté sur le fait que le principe de libre administration des collectivités territoriales devait s’appliquer dans le respect de l’unité et de l’égalité des citoyens devant le service public.

1D’après les chiffres du sociologue Pierre Mazet, 1 % seulement des exclus du numérique poussent la porte d’un lieu de médiation numérique.