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250 millions d’euros pour l’illectronisme : quelle stratégie ?

Le plan de relance annoncé par le Gouvernement comprend enfin un investissement substantiel en faveur de la lutte contre l’illectronisme et il y a lieu de s’en réjouir.

C’est un choix d’avenir : la diffusion d’une littératie numérique vers toutes les couches de la population devrait générer une cascade d’effets positifs tant sur un plan économique que sur celui de la cohésion sociale.

Ces effets seront positifs à condition que l’investissement se fasse de façon stratégique et non selon le traditionnel saupoudrage dont l’État est familier. Voilà quels sont nos conseils pour l’actuel Ministre, Cédric O, qui sera auditionné par les Sénateurs le 9 septembre prochain dans la cadre de la mission d’information sur l’illectronisme :

1. Finançons l’offre plutôt que la demande.

Dans plusieurs territoires, les collectivités nous remontent disposer de chèques APTIC qu’elles ne savent pas comment distribuer car l’offre est déficiente. Finançons l’offre directement, y compris par les chèques APTIC.

2. Finançons une offre mobile qui va au-devant des populations.

1 % seulement des exclus du numérique fréquentent les structures médiation sociale et numérique. C’est le signe qu’il faut aller au-devant des Français, dans leurs lieux de vie, dans leurs espaces de proximité, en travaillant étroitement avec maires, bailleurs sociaux, foyers-logements etc. Il n’y aura pas de tiers-lieux pour tout le territoire et surtout leur champ de mission est trop vaste.

3. Finançons une démarche de qualification de l’offre.

La médiation numérique a besoin d’un référentiel de compétence et d’une démarche qualité plus rigoureuse pour atteindre son but. Faisons confiance aux acteurs qui innovent et performent sur un plan pédagogique.

4. Vérifions que l’autonomie et/ou la compétence sont au rendez-vous.

Toujours. À chaque fois. Assurons que la qualité n’est pas sacrifiée dans la massification. Donnons les moyens aux acteurs de terrains de la filière de professionnaliser le métier et donc de multiplier leur impact sur le terrain.

Ainsi que le résume la Sénatrice Sophie Primas au sujet du plan de relance, « L’enjeu n’est pas de savoir si c’est vraiment 100 milliards ou pas, même si de fait on additionne des choux et des carottes, mais de savoir si on met les bons instruments devant les bons enjeux ». CQFD.